Le Grand Mélange Aménager la maison pour que l’enfant fasse seul

L'International School of Neuchâtel fête ses 40 ans : d'un appartement à 165 élèves, toujours fidèle à Montessori

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Fondée en avril 1986 dans un appartement avec une dizaine d'élèves, l'International School of Neuchâtel (ISN) célèbre ses 40 ans cette année. L'école bilingue français-anglais accueille aujourd'hui plus de 165 enfants dans de grands locaux, encadrés par 35 collaborateurs, tout en restant fidèle à la pédagogie Montessori. À l'occasion de cet anniversaire, la directrice Christelle Audebrand multiplie les événements pour déconstruire les idées reçues sur cet établissement privé accessible à tous.

Une école qui a grandi, sans renier ses racines Montessori

En avril 1986, l'ISN ouvre dans un appartement. Une dizaine d'élèves, un enseignement uniquement en anglais. Quarante ans plus tard, les locaux ont changé d'échelle.

Plus de 165 enfants fréquentent aujourd'hui l'établissement. 35 collaborateurs les encadrent. Le bilinguisme français-anglais s'est installé progressivement, répondant aux besoins des familles locales autant qu'internationales.

Mais une constante traverse ces quatre décennies : la méthode Montessori. Dès le premier jour, l'école a fait ce choix pédagogique. Pour Christelle Audebrand, cette fidélité n'est pas négociable.

Pourquoi Montessori depuis 1986 ? Parce que cette approche place l'enfant au centre. Elle respecte son rythme. Elle prépare l'environnement pour qu'il puisse faire seul. Autonomie, manipulation concrète, observation fine de chaque élève — ces principes structurent la vie quotidienne de l'ISN.

Cette constance rassure les familles. Sur quatre décennies, les parents savent ce qu'ils trouvent ici.

Des événements pour célébrer et ouvrir les portes

Christelle Audebrand a voulu sortir des murs pour cet anniversaire. Pas de fête en vase clos.

Au programme : plantation de chênes, symbole de pérennité et d'ancrage. Un restaurant éphémère. Des rencontres avec la population neuchâteloise. L'objectif ? Partager l'histoire de l'école avec un public plus large.

Quarante ans, c'est l'occasion de montrer le chemin parcouru. De l'appartement aux grands locaux. D'une dizaine d'élèves à plus de 165. D'un enseignement monolingue à un bilinguisme quotidien.

Mais c'est aussi l'occasion de casser les clichés sur l'école privée. De créer du lien avec le quartier. De se faire connaître autrement que par les grilles de l'établissement.

Déconstruire les idées reçues sur l'ISN

Non, tous les élèves ne sont pas des enfants d'expatriés

Cliché tenace : école internationale égale enfants d'expats uniquement. Faux.

Beaucoup de familles locales font le choix de l'ISN. Pour la pédagogie Montessori. Pour le bilinguisme précoce. Pour un projet éducatif différent du système classique.

Ce public mixte — familles neuchâteloises et internationales — enrichit la vie de l'école. Les enfants grandissent dans un environnement multiculturel, sans que l'établissement ne soit réservé à une catégorie socioprofessionnelle.

Non, il ne faut pas être fortuné pour y inscrire son enfant

Autre idée reçue : école privée égale milieu aisé. Ce que dément Christelle Audebrand sans détour.

« On a aussi beaucoup de gens qui ont fait un choix différent soit pour la pédagogie, soit pour le bilinguisme », explique-t-elle. Des familles de classe moyenne qui priorisent ce projet éducatif.

Argument budgétaire souvent ignoré : les horaires de l'ISN couvrent toute la journée. Pas de dépenses supplémentaires pour structures parascolaires, garderie, cantine. Quand on compare le coût global — école privée d'un côté, école publique plus parascolaire de l'autre — l'écart se réduit.

L'ISN reste accessible à des familles qui font un choix. Un choix éducatif, pas un choix de statut.

Un choix parental motivé par la pédagogie, pas le prestige

Les parents qui inscrivent leur enfant à l'ISN cherchent une alternative au système classique. Ils veulent Montessori. Ils veulent le bilinguisme naturel, dès le plus jeune âge.

Ils cherchent l'autonomie, le respect du rythme de l'enfant, la manipulation concrète plutôt que l'enseignement frontal. L'ISN répond à ce projet familial réfléchi.

Pas de prestige social. Juste une conviction pédagogique.

Le rêve de Christelle Audebrand : une école qui n'aurait plus de raison d'exister

« J'aimerais que l'ISN ferme dans 40 ans. » La citation surprend. Pourtant, elle révèle les valeurs de l'établissement.

Pourquoi ce rêve ? Parce que cela signifierait que Montessori s'est démocratisé. Que la pédagogie a été intégrée à l'école publique. Que chaque enfant, peu importe son milieu, peut bénéficier de cette approche.

Un rêve qui dit : on ne garde pas jalousement une méthode. On souhaite la partager, la diffuser, la rendre accessible à tous.

Mais en attendant, la priorité de Christelle Audebrand reste claire : rester une école à taille humaine. « J'ai envie de continuer à savoir quelle est la couleur préférée de quel enfant, s'il aime toujours les épinards et de qui il est amoureux », confie-t-elle en riant.

Cette vision bienveillante, concrète, loin des grandes structures impersonnelles, rejoint l'approche Montessori : l'observation fine de chaque enfant. Connaître l'enfant, c'est pouvoir adapter l'environnement à ses besoins.

Pourquoi cet anniversaire nous parle, en tant que parents Montessori

Rare pour une école de tenir un cap pédagogique sur quatre décennies. Montessori n'est pas une mode pour l'ISN. C'est une identité.

De 10 à 165 élèves, mais toujours la même approche. Un modèle pour les parents qui pratiquent Montessori à la maison : la constance paie. On ajuste l'environnement à la croissance de l'enfant, mais on ne trahit pas les principes.

Comme à la maison, quand on passe du nido au lit au sol, puis au lit cabane, puis au lit simple. L'espace change. L'enfant grandit. Mais le principe reste : un mobilier à sa hauteur, accessible, pensé pour l'autonomie.

Le rêve de Christelle Audebrand rejoint celui de nombreux parents. Démocratiser Montessori. Le rendre disponible dans le public. Le rendre praticable à la maison, sans se ruiner.

Permettre à chaque famille d'appliquer Montessori chez soi, avec ou sans école spécialisée. C'est exactement la mission que partage Le Grand Mélange.

Quarante ans de fidélité à une pédagogie exigeante. Quarante ans à prouver qu'on peut grandir sans renier ses valeurs. L'ISN inspire. Pas seulement les parents neuchâtelois. Tous ceux qui croient que l'éducation peut se faire autrement.